CC Pays de Bitche - Simserhof

Présentation historique du Simserhof

Construit entre 1929 et 1936, le Simserhof est l’un des principaux ouvrages de la Ligne Maginot. Véritable ville souterraine, souvent insoupçonnée, il ne comptait pas moins de 5 kilomètres de galeries et 8 blocs de combat. Ouvrage d’artillerie équipé d’un armement conséquent lui donnant une puissance de feu impressionnante et dévastatrice, le Simserhof accueillait un équipage de 876 hommes faisant partie des troupes de forteresse.

L'entrée des munitions du Simserhof

L’entrée des munitions du Simserhof
© CC Pays de Bitche

Au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, et malgré le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, se pose la question de la défense du territoire national. Les fortifications existantes ne sont plus aptes à faire face aux progrès de l’armement. De plus, avec le retour de l’Alsace-Moselle, les frontières ont évoluées. La construction de nouvelles fortifications fait débat au sommet de la hiérarchie militaire entre les adeptes d’une conception défensive du territoire national et ceux qui défendent une conception plus offensive. En 1925, à l’initiative de Paul Painlevé, Ministre de la Guerre, le Conseil Supérieur de la Guerre approuve le projet d’un système défensif reposant sur des régions fortifiées. Ce système s’éloigne du projet qui visait à constituer une ligne continue de défense. Il incombera, a partir de 1927, à la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) d’assurer les études et la construction des ouvrages. La future « muraille de France » s’appuie sur un ensemble de fortifications diverses dominé par les forts d’artillerie. Sur une profondeur de 20 à 25 km, la Ligne comprend des ouvrages destinés à donner l’alerte, à résister aux assaillants ou encore à combattre.

Nommé Ministre de la guerre en 1929, c’est André Maginot qui fait voter le projet d’organisation défensive des frontières françaises et les crédits correspondants. La Ligne sera baptisée « Ligne Maginot ».  L’essentiel des travaux est mis en œuvre entre 1930 et 1936.

L’ouvrage du Simserhof a pris le nom d’une ferme implantée précédemment au même endroit. Le projet est maintes fois remanié avant que d’être validé au courant de l’année 1930. L’ouvrage fait partie de la Région fortifiée de la Lauter et du secteur fortifié de Rohrbach. Engagés pendant l’été 1930, les travaux s’achèveront cinq années plus tard. La construction de l’ouvrage, confiée à l’entreprise parisienne « Ossude », aura nécessité plus de 175.000 m3 de terrassements et près de 45.000 m3 de béton armé. La construction sera émaillée de plusieurs accidents dont certains mortels.

A l’avant, le Simserhof compte 8 blocs de combat. Leurs murs d’une épaisseur de 3,50 m sont capables de résister aux attaques de l’artillerie adverse. A l’arrière, se situe l’entrée des hommes et celle des munitions. Une voie de chemin de fer en provenance de Saint-Louis-Lès-Bitche permet de ravitailler l’ouvrage.

Engagés le 10 mai 1940, les combats affectent le Simserhof deux jours plus tard. Alors que Paris est déjà occupée, le secteur fortifié de Rohrbach fait l’objet d’une intense attaque à partir du 15 juin. Le 22 juin 1940, le Maréchal Pétain signe l’armistice. En attendant les ordres de l’état-major, le Commandant du Simserhof, le Lieutenant-colonel Bonlarron, refuse toute négociation. Ce n’est que le 30 juin, qu’ordre est donné de livrer l’ouvrage à l’armée allemande. En décembre 1944 c’est au tour des troupes américaines d’attaquer l’ouvrage pour en chasser les occupants.

Présentation de l’offre de visite du Simserhof

Visiter le Simserhof c’est plonger dans un univers singulier, celui d’une caserne souterraine capable de résister à de terribles assauts. Au cours de près de 3 heures d’une visite captivante, le visiteur découvrira l’histoire de la Ligne Maginot et celle de l’ouvrage. Un ouvrage imposant puisqu’il était le 4ème le plus important de la Ligne Maginot et le 2ème par sa puissance de feu.  Il parcourra les galeries des magasins à munitions avec un « rides », véhicule électrique spécialement réalisé pour le site. C’est à pied et avec un guide qu’il arpentera le casernement avec les cuisines, le foyer, l’infirmerie, les chambrées ou l’usine électrique… Le tout, 35 mètres sous terre !

L'usine électrique du Simserhof

L’usine électrique du Simserhof
© CC Pays de Bitche

Partir à la découverte du Simserhof suppose de sillonner plusieurs centaines de mètres de galeries souterraines. Celui qui n’a jamais visité un tel ouvrage, a nécessairement du mal à s’imaginer ce qui se cache derrière la façade bétonnée de l’entrée des munitions ou de l’entrée des hommes. C’est là, que s’activaient naguère les 876 hommes des troupes de forteresse. Mais, jusqu’à la déclaration de guerre, les soldats occupaient un casernement situé sur les hauteurs du Légeret.

Une visite complète se décline en trois temps :

  • Présentation d’un film d’archives de 20 minutes sur la période de la fin de la Première Guerre Mondiale à 1940. Ce film permet d’appréhender l’histoire de la Ligne Maginot et du Simserhof dans le contexte de l’époque.
  • La visite du magasin à munitions s’effectue avec un ride capable d’accueillir jusqu’à vingt visiteurs. Grâce à la scénographie mise en place, on y découvre la vie de l’ouvrage et dans l’ouvrage contée par un soldat imaginaire mais se référant aux témoignages d’antan.
  • C’est depuis l’entrée des hommes qu’on descend 149 marches pour rejoindre le casernement situé à 30 mètres sous terre. On y découvre les quatre stations de filtres à air qui servaient à se protéger des attaques au gaz. Régulièrement enclenchée, chaque station faisait un bruit assourdissant. Vous aurez l’occasion de le constater ! Un peu plus loin, se situe l’usine électrique et les ateliers. Dans la salle des machines se situent les groupes électrogènes capables d’assurer l’autonomie électrique de l’ouvrage. Là encore, le visiteur pourra constater le bruit émanant de l’un de ces groupes !
    Cuisines du Simserhof &copy ; Madame Sonia Klein

    Cuisines du Simserhof
    © Sonia Klein

    On découvre aussi les cuisines, particulièrement bien équipées pour l’époque, avec fours électriques, percolateur, marmites autoclaves…  L’infirmerie, constituée de plusieurs pièces, comprenait salle de soins, salle d’opération et cabinet dentaire. Tous les équipements sont encore en place ! Le visiteur découvre également le foyer avec sesfresques murales d’origine évoquant Blanche Neige et les sept nains, ou encore les chambre et les cellules.

 

Close Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>